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COVID-19 et Eau potable

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On trouve des traces de coronavirus dans les eaux usées et récemment dans le réseau d’eau non potable de la ville de Paris. Les professionnels de l’eau rappellent qu’il n’y a aucun risque de contamination du virus dans l’eau potable. Le réseau d’eau potable et le réseau des eaux usées sont totalement indépendants :

  • ➡️ les eaux usées ne sont pas directement recyclées pour faire de l’eau potable
  • ➡️ l’usine de traitement dont la fonction est de traiter l’eau brute pour la rendre potable ne doit pas être confondue avec l’usine d’épuration dont le rôle est de nettoyer les eaux usées avant leur restitution au milieu naturel

Tout d’abord, il est important de bien distinguer ce qu’est un réseau d’eau potable, un réseau d’eaux usées et un réseau d’eau non potable :

Le réseau d’eau potable est un réseau permettant l’acheminement de l’eau pompée dans les nappes d’eaux souterraines, exclusivement le cas sur la 3CM, ou les cours d’eau ou retenues superficielles. Cette eau pompée, avant d’être distribuée aux usagers via le réseau d’eau potable, est traitée par chloration (cas de l’ensemble des ressources de la 3CM), ou par d’autres systèmes de désinfection. Sur notre territoire donc, l’eau qui arrive au robinet des usagers provient directement des eaux souterraines qui ont été traitées par chloration.

Le réseau d’eaux usées, quant à lui, permet la collecte de l’ensemble des eaux usées provenant des habitations et des établissements industriels, et leur acheminement vers une station d’épuration. Les eaux usées collectées, après leur traitement par la station d’épuration, sont rejetées dans les cours d’eau. Le réseau d’eaux usées peut dans certains endroits collecter également les eaux de pluie ruisselant sur la chaussée. Le réseau d’eaux usées, ainsi que le rejet des eaux usées traitées, sont complètement indépendants du réseau d’eau potable.

Le réseau d’eau non potable est un réseau collectant des eaux qui ne répondent pas aux normes de potabilisation, comme des eaux de pluie, des eaux superficielles non traitées … Il est utilisé pour l’arrosage ou le nettoyage des voiries. L’existence d’un tel réseau est plus courante dans les grandes agglomérations. Aucun réseau d’eau non potable n’existe sur le territoire de la 3CM.

"L’eau qui arrive à nos robinets est prélevée dans une ressource protégée (le plus souvent une nappe souterraine située à l’amont de la ville), traitée puis distribuée par un premier réseau, le réseau d’eau potable. Après usage elle est récupérée par un second réseau, le réseau d’assainissement, qui la conduit vers une station d’épuration, laquelle la nettoie avant de la restituer au milieu naturel, généralement une rivière, à l’aval de la ville. Les deux réseaux sont totalement indépendants. Les eaux sales ne sont pas recyclées pour être réutilisées, mais restituées à la nature. On ne devrait donc pas parler de "petit cycle de l’eau", mais plutôt d’une parenthèse urbaine dans le grand cycle naturel."

Bernard Chocat, professeur émérite de l’Insa Lyon est l’auteur et le coordinateur scientifique des documents de référence de Méli Mélo, projet collectif avec la contribution de nombreux partenaires opérationnels, scientifiques et institutionnels. ( meli melo cycle urbain de l’eau en téléchargement ci-joint)

L’eau potable distribuée au robinet des usagers de la 3CM provient des nappes d’eaux souterraines. Il n’y a eu aucun contact entre l’homme et l’eau potable avant son entrée dans le réseau d’eau potable. Ce réseau est sous pression ce qui permet d’avoir une certaine pression au robinet, mais également cela évite toute intrusion d’eau non potable dans les tuyaux.

Pourquoi n’y a-t-il pas lieu de faire des analyses du SARS-CoV-2 dans l’eau potable ?

  • Le virus SARS-CoV-2, agent de la maladie COVID-19, fait partie de la famille des coronavirus. Cette famille est bien connue depuis de nombreuses années. Certains coronavirus sont responsables d’infections bénignes des voies aériennes supérieures (rhumes), d’autres causent des syndromes respiratoires pouvant être sévères. Outre la pandémie actuelle, des virus de cette famille ont été responsables d’importantes épidémies, comme celle du SRAS en Asie en 2003.
  • Les coronavirus sont éliminés efficacement, comme les autres virus, par les traitements « physico-chimiques » (clarification, membrane...) et sont particulièrement sensibles à la désinfection (ozone, UV, chlore…).
  • En conséquence, la mise en œuvre des traitements classiques dans les règles de l’art permet de garantir l’élimination de tous les virus, et en particulier le SARS-CoV-2. Cette recommandation est conforme à la position de l’OMS et à celle d’organismes de recherche et professionnels nationaux.
  • A noter enfin que le virus SARS-CoV-2 est moins résistant que la bactérie Escherichia Coli, qui fait l’objet de contrôle réguliers dans les analyses d’eau potable. L’absence de E. Coli garantit l’absence du virus SARS-CoV-2.

Pourquoi la réalisation d’analyses du SARS-CoV-2 dans l’eau est complexe ?

  • La méthode d’analyse qui peut être mise en œuvre facilement est de type « PCR » (Polymerase Chain Reaction) qui permet d’identifier la présence du matériau génétique. La limite de cette méthode est qu’elle ne permet pas d’identifier si le matériau éventuellement détecté est porté par du virus infectieux. Ces méthodes donnent donc par nature une information non interprétable en terme de risque pour la santé.
  • Les analyses permettant d’identifier la présence de virus infectieux reposent sur une mise en culture dans des laboratoires de sécurité de niveau 3, qui ne sont pas accessibles à ce jour pour des analyses de routine du SARS-Cov-2, et mobilisés quasi-exclusivement pour les besoins de la recherche biomédicale. Source : Suez Eau France

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cycle urbain de l’eau avril 2020 PDF - 2.3 Mo
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